SOCIÉTÉ

Hollande, année 1

Le 6 mai 2012, c’était l’espoir. Un an plus tard, c’est le président le plus impopulaire de l’histoire de la Ve République. François Hollande est donc passé du statut de nouveau sauveur, à celui d’un chef de l’État détesté, image que lui a donc abandonné Nicolas Sarkozy lors de sa défaite à la dernière présidentielle. S’il est trop tôt pour un bilan de ce mandat socialiste, on peut en tirer les conséquences. Les difficultés ont été nombreuses : la crise qu’Hollande lui-même croyait terminée a connu un rebond, ayant pour suite la hausse historique du chômage, due à des fermetures d’entreprises, dont Florange s’avère être le symbole ; la communication sur les réformes, la certaine absence du chef de l’État sur le terrain ou dans les médias, l’absence de signes forts ont précipité la dégringolade du président dans les sondages ; enfin, ce gouvernement donne l’impression de ne pas avoir de cap, de ne pas savoir où il va ni comment il y va.

Toutes ces difficultés ne sont donc pas du goût des Français, inquiétés par la période trouble que nous traversons et qui, avec François Hollande, ne sont pas rassurés, faisant donc un repli sur Nicolas Sarkozy, lui qui était partout et tout le temps. Seulement cette “Sarko-nostalgie“, et j’en avais déjà parlé, est étrange car s’il est si formidable, s’il avait pu régler tous les problèmes, il n’aurait pas été battu il y a un an. Seulement, c’est bien François Hollande qui est président de la République. Le principal problème, à mon avis, est que la France a tendance à ne pas accepter la légitimité de la gauche. Pour certains ils sont amateurs, pour d’autres ils détruisent la société avec le “mariage pour tous” ; bref, même s’ils ont été élus de manière tout à fait régulière, les responsables de gauche ne devraient pas être au pouvoir, car ils ne savent pas faire.

Mais comment résoudre cette crise d’image ? Envoyer des signes forts, être présent, changer de cap. Des choses ont été faites : “Mariage pour tous”, emplois d’avenir, réforme de l’éducation (60 000 postes et rythmes scolaires), réforme sur le travail (qui malgré le discours général n’est pas un accord majoritaire, CGT et FO, syndicats non-signataires, représentant plus de 50 % des travailleurs syndiqués), retraite à 60 ans pour les carrières longues, etc … Enfin l’enjeu s’avère surtout être européen. Si Hollande veut un marqueur de gauche, il doit imposer sa vision d’anti-austérité face à Angela Merkel, austérité que tous les économistes décrient en ce moment. S’il ne le fait pas, la contestation des “déçus” ne fera qu’augmenter. Tout comme le score du Front National…

 

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